Succès constant du Festival Off joué depuis trois saisons, « Chocolat Piment » de Christine Reverho a célébré sa centième représentation. Entre répliques acérées, secrets de famille et décor rétro, la mise en scène de David Teysseyre orchestre une comédie de mœurs percutante où la mécanique du rire ne laisse que peu de répit au public.
C’est l’anniversaire de Paul, patriarche au caractère bien trempé et bougon assumé. Pour marquer l’événement, Stéphanie, Caroline et son époux Franck ont organisé un repas chez le père. Ce qui devait être une célébration chaleureuse tourne rapidement au champ de bataille intime. Entre rancœurs accumulées, quiproquos en chaîne et gâteau d’anniversaire au mélange improbable de cacao et de piment, la réunion de famille devient le théâtre d’un règlement de comptes général.
Des répliques ciselées et des archétypes savoureux
La réussite du spectacle repose sur la qualité du texte de Christine Reverho. Les dialogues fusaient avec une précision d’horloger, offrant au public une suite de reparties grinçantes. Quand le père s’interroge sur le caractère festif de bougies « inversement proportionnelles au temps qu’il reste à vivre », ou lorsqu’il tacle son gendre avec une ironie mordante, la salle part d’un même rire.
La mise en scène de David Teysseyre s’appuie sur une scénographie évocatrice, plongeant les personnages dans un appartement au décor marqué par les années 80. Au milieu de ce cadre nostalgique, le quatuor d’interprètes (Anthony Allard, Lydia Cherton, Jean-David Stepler et Aurélie Treilhou) donne une belle énergie à cette tribu dysfonctionnelle.
Le plaisir du boulevard bien exécuté
Sans chercher à réinventer le genre, « Chocolat Piment » démontre que le théâtre de boulevard conserve toute sa pertinence lorsqu’il est servi par un jeu d’acteurs engagé et un sens du rythme. On rit de bon cœur des travers des uns et des autres, des petites lâchetés du quotidien et des maladresses sentimentales.
À défaut de déguster un gâteau douteux, le public profite d’une pièce pimentée juste ce qu’il faut. Une valeur sûre du festival qui confirme, représentation après représentation, son excellente santé auprès des spectateurs.
Chocolat Piment
La Folie Bonsai
« "On ne se voyait pas beaucoup, là au moins on saura pourquoi" »