Ludivine Vincent joue son premier seul en scène, avec cette histoire folle de femme psychopathe, à défaut d’être sensible aux émois de la chair. Elle incarne avec conviction son personnage, qui va évoluer dans son analyse des situations. Jusqu’à découvrir les raisons terribles qui l’accablent, elle sourit et entraîne le public à rire de ses sarcasmes, mais la fin glaçante du récit amène une réflexion tout autre des faits et de leur violence. Note douce-amère pour le final : des personnes ayant subi ces méfaits peuvent être choquées. Alors faites appel à votre second degré en allant voir ce spectacle, joué avec passion par la femme en rouge.
Une chaise au centre de la scène et une bobine de fil rouge en guise de décor, la comédienne nous rejoint tout sourire : elle progresse bien avec son docteur et tant mieux !
Passant un long moment à expliquer son premier cunnilingus, à l’arrière d’une voiture, elle trouve son plaisir dans les idées macabres qui l’inspirent pendant l’acte. C’est la violence ou la mort qui l’excite et elle veut jouir elle aussi, c’est bien normal.
C’est en cet instant qu’elle passe dans une autre dimension, le premier degré serait trop simple. Phantasme ou réalité : tout se confond. Telle une American psycho en mode féminin, elle va enchaîner les horreurs racontées, au gré de sa vengeresse épopée.
Puis après de nombreux rires sur les situations cocaces, elle passe de l’autre côté du miroir, pour une troublante révélation. Les raisons de son atroce destin sont plus noires que le fond de sa pensée. À découvrir en salle bien sûr.
C’est un rôle joué finement avec le texte proposé, une trame qui évolue comme une enquête avant l’aveu. Le style est vif et saillant, posant quelquefois un court silence, pour laisser le public imaginer la suite, avant de donner l’estocade. Lourd de sens mais joué légèrement, c’est tout le paradoxe voulu par cette pièce.
Point de Chausson
Voir la fiche spectacle →