La chorégraphe Yuyang Chen sous son pseudonyme Summer, présente une nouvelle création très originale en fin de festival sur 3 dates : 4 femmes et 1 homme dansent lentement sur une musique envoûtante, en plusieurs tableaux pour hymne à la nature, aux corps qui se mélangent et se séparent, en harmonie ou subissant les éléments. Ajouté à cela, Summer utilisé ses origines pour réinventer des mythes modernes. Ce sont plusieurs scènes avec une utilisation de l’espace remarquable, une évolution dans les décors saisissante, la longue toile tirée en tête, et une composition des mouvements des danseurs faisant ressentir leurs émotions, en vagues successives. C’est très beau et fragile, comme les hommes sur cette terre et inversement. Un moment comme suspendu hors du temps.
Cela commence par une arrivée des cinq artistes, chaloupant leurs corps chacun de leur côté puis ensemble, dans une danse lascive et fluide, comme le va-et-vient d’une première vague dans l’océan.
La dernière femme porte un halo de lumière, sorte de pierre de lune à la lumière douce, qui va passer de main en main. Posée sur un côté, la lampe phare ou rocher voit le décor changer.
Les danseurs tirent une immense toile noire, du fond de la scène jusqu’aux premiers sièges, devant un public ébahi. C’est maintenant une mer déchaînée qui va engloutir l’homme, les femmes, mais pas la lueur de la pierre maintenant au milieu de la tempête. Elle vogue lentement prise par les flots, la toile envoyée au ciel par chacun, tour à tour. Un moment très intense et impressionnant.
Enfin, après avoir ramené la toile sur les premiers rangs, c’est un énorme ballon blanc, qui attendait son heure près de la scène, qui sera envoyé contre leurs corps, glissants ou roulants dessus. Une nouvelle allégorie finale avant les saluts.
Après des applaudissements nourris, pour cette belle et mélancolique lamentation, le public montera avec les danseurs fêter leur dernière prestation, sur une musique électro pour danser tous ensemble.
C’est aussi pour cela qu’on aime le festival ! Spéciale dédicace à Liza
La Vaste Lamentation 2.0
Yuyang Cheng & Spectator Concept Theatre (SCT)
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