Aurore Bucher et Jérémie Arcache nous offrent un spectacle de virtuoses, mêlant les morceaux classiques et contemporains, sur fond lyrique. Elle armée de sa voix puissante, lui avec son violoncelle contre meilleure épée, ils vont se suivre, parfois sur Mozart, parfois en jazz décalé ou en Madonna délurée pour notre plus grand plaisir. Avec brio et entrain, tout en gardant en toile de fond, les coulisses ou la loge dans leur face à face, ils réinventent les morceaux qu’ils composent. C’est une création musicale, mais aussi théâtrale et scénique, dont nous découvrirons un final aussi farfelu que leurs joutes échangées et fredonnées.
Leur entrée en scène est remarquable et hilarante, bien que faite en silence, sans doute pour marquer leur différence dès l’introduction. Elle dans sa robe noire et lui dans son armure, ils sont deux descendants du moyen âge.
Pour seul décor deux psychées se faisant face à face, chacun devant son miroir, tel le retour dans les loges après une pièce jouée. C’est là que tout commence dans leur intimité.
D’abord elle, se débarrassant de son costume, avant de se démaquiller, petit à petit, entamant ses premiers chants. Cherchant une âme à aimer pour lui, moins expansif et semblant fatigué, incapable de retirer son carquois et commençant à jouer de son instrument pour l’accompagner.
Ensuite ils partent dans un tourbillon de symphonies ou de morceaux choisis, avec goût et précision, tout en se laissant vagabonder, comme deux errants tombant sur telle ou telle partition, au fil de leur traversée.
Puis viendra une longue tirade féministe, donnée par elle en une seule traite, belle et enflammée, suivi d’un solo plus humble et utopiste par lui, mais tout aussi touchant.
Enfin ils finiront dans leur dernier costume, pied de nez et second degré avéré, avant de saluer le public conquis. Une météorite musicale vient de passer en un éclair : c’était brillant !
Philtre d'amour, drame lyrique en un entracte
Virêvolte
« Meetic s’invite dans la loge de Tristan et Yseut pour un spectacle musical plein d’humour. »