À l’aide d’un astucieux décor sur roulette, ainsi qu’un baldaquin enroulé de draps au centre de la scène, Geoffrey Lopez signe cette nouvelle création en s’offrant le rôle central de Casanova. Bien secondé par Cécile Genovese et Morgan l’Hostis, splendides conquêtes du héros vénitien et enchaînant les contre-emplois, avec costumes et masques assortis. Ainsi que l’excellent Émilien Fabrizio, jouant tour à tour le Doge de Venise, puis l’archevêque et une danseuse turque des mille et une nuits. Enfin les tenues d’époque font de beaux apparats pour cette représentation soignée. Un bon moment à regarder danses, embrassades, combats d’épée et, bien sûr, intrigues amoureuses.
Casanova doit quitter Venise. Son ami l’archevêque lui ordonne, après une énième mise enceinte de ses conquêtes. Son choix l’entraînera vers l’est ou le levant en Turquie. Reviendra-t-il un jour dans son pays natal ?
Après une remarquable présentation et danse en masque d’introduction, les scènes s’enchaînent, avec entrain et fougue, bien interprétées par les comédiens.
Geoffrey vagabonde de bras en bras, butine les rencontres d’un soir, belles ingénues ou torrides cavalières, nous emportant dans un siècle passé où le libertinage est une façon de vivre, en croquant son destin à pleines dents, avec de joyeuses farandoles.
Les tableaux s’enchaînent, les comédiens occupent les quatre coins de la scène, avec de comiques situations, au gré des rencontres. Le texte permet des échanges savoureux, tout en restant léger comme la fugacité d’une existence de débauche.
Il manque peut-être un point de vue extérieur, permettant un jugement actuel sur les actes pernicieux du héros volubile, comme Don Juan a su l’insuffler face à la statue de pierre. Mais les scènes sont charmantes, comme les deux comédiennes, qui tirent le meilleur de leurs rôles, féminins et masculins tour à tour.
Nous ressortons de ce spectacle avec l’envie de partage, sans conditions, ni âge ni sexe, pour ressentir à notre tour les émois dans des bras amicaux. C’est sans doute cela que génère ce point de vue, sur la liberté de jouir de notre existence éphémère.
Casanova
Théâtre du Ventre
« Venez rencontrer Giacomo Casanova : écrivain, séducteur et escroc. »