Décidément, cette troupe maîtrise l’art de faire rire ! À l’appui de Sherlock Holmes pendant un peu moins d’une heure et demie, le spectateur se doit de le sortir de l’ornière. En effet, ne se rappelant de rien, le détective est confronté à une multitude d’indices en sa défaveur dans des affaires de meurtre. Votre mission ? Trouver le coupable avant que Lestrade, ce si brillant inspecteur de Scotland Yard, arrête notre héros.
Après « La véritable fausse histoire de Jack l’Éventreur», voici Sherlock Holmes !
Nous retrouvons nos trois hommes, l’un jouant cette fois exclusivement (ou presque) du piano quand les deux autres se partagent tous les rôles.
Drôle et percutante, la troupe nous offre ce qui semble être sa marque de fabrique : des jeux de mots, du comique de situation, des quiproquos et surtout beaucoup de plaisir !
Alors, les personnages entrent et sortent avec une rapidité déroutante.
En l’espace de quelques secondes, Sherlock peut laisser sa place à son frère Mycroft, tous deux joués par le même comédien.
Vous trouverez aussi, comme dans leur autre pièce, ce moment hors du temps, complètement déjanté et si bien interprété. Ici, c’est le jeu avec les lunettes de Mycroft qui prennent des formes de plus en plus grotesques jusqu’à disparaître complètement.
Tout ça avec un rideau et un comédien unique. Cette compagnie a vraiment ce supplément de créativité qui change une pièce.
Le sexe des protagonistes n’est d’ailleurs pas un problème. La femme de Watson, malgré sa moustache, nous apparaît fort crédible. Tout comme Mme Hudson, la logeuse de Sherlock, dont la voix retentissant au loin ressemble étrangement à celle d’un de nos deux comédiens.
Vous l’aurez compris, l’ambiance est au rire. Chaque dialogue, chaque mot est saillant. L’intrigue ne joue en réalité qu’un rôle de second plan, le vrai plaisir se trouvant dans leur jeu.
Néanmoins, veillez à être attentifs. La solution n’est pas aisée… et pour être franc : nous n’y sommes pas parvenus. Chaque détail comptera et il s’agira de savoir éliminer les innocents plutôt que d’accuser le coupable.
Il demeure que, aussi honteux que nous étions de ne pas l’avoir démasqué, le spectacle nous a transporté. Le Londres du XIXe siècle se raconte devant nous dans un décor parfaitement adapté.
La musique est toujours aussi percutante. Bien que le pianiste ne soit pas directement convoqué dans l’histoire, il ne peut s’empêcher quelques interactions avec ses deux confrères, qui bonifient le tout.
Mention spéciale au petit écran disposé à droite de la scène. Ce dernier nous guide pendant l’enquête, nous indiquant lieux, dates ou encore paroles de la chanson entonnée !
Ce spectacle est donc une vraie performance participative. Fine, drôle et vivante, vous en ressortirez avec le sourire aux lèvres avec cette intime conviction d’avoir passé du bon temps.
Et gare aux plus délicats ! Sherlock, lorsqu’il est menacé, est prêt à tout pour se sortir de l’embarras. Même s’il faut s’infiltrer dans nos allées…
Qui veut la peau de Sherlock Holmes ?
auteur⸱ices
« Le célèbre détective Sherlock Holmes se retrouve dans la tourmente ! »