« L’erreur est humaine, mais persévérer dans l’erreur est diabolique ». Le plus illustre défenseur de Dreyfus l’avait donc en premier lieu cru coupable. Pourtant, lorsque les doutes s’accentuent et l’innocence de l’homme semble irréfutable, Zola décide d’engager le combat d’une vie en faveur de la vérité. Ce spectacle revient sur cet épisode tristement célèbre de la vie politique française, où il aura fallu des plumes courageuses pour aboutir à ce qui est juste.
Peine maximale prononcée, 1 an de prison pour diffamation, Zola est condamné en février 1898 après sa lettre au Président de la République parue dans l’Aurore sous le titre « J’accuse ».
Se présentant à nous aux côtés de Fernand Labori, son avocat, l’écrivain n’est pas abattu.
Il était parfaitement conscient des risques qu’il prenait en rédigeant cet article et les assume.
Bien qu’il ne souhaite pas quitter le territoire national, il finit par s’y résoudre.
Nous sommes alors projetés quelques années auparavant, lorsque l’affaire éclatait.
Dans son cabinet, Zola discute avec Labori, un verre à la main.
La nouvelle de l’arrestation de Dreyfus circule et les deux hommes croient en la culpabilité du capitaine. Bien sûr, cela ne les empêche pas de saisir l’opportunité de l’affaire, survenue 20 ans après l’humiliante défaite face à la Prusse. Juif, accusé d’espionnage au profit des Allemands, Dreyfus est l’homme idéal.
Les mois passent et le doute s’installe. Les preuves manquent, Zola s’interroge.
Après un dîner avec plusieurs sceptiques, l’écrivain est désormais convaincu.
Cette affaire a été montée de toute pièce et n’est qu’indigne mensonge. Le capitaine Dreyfus est innocent, les pièces à conviction le démontrent : ce n’est pas son écriture mais celle du commandant Esterhazy !
Émile Zola prend alors ses responsabilités. Sa plume, précieuse alliée, l’engage dans le combat.
L’écrivain n’est plus passif, les temps changent, il a décidé de lutter et ce jusqu’au bout !
Envoûtante, cette pièce nous dévoile l’affaire sous un autre angle. Nous assistons à la rédaction des fameux articles ainsi qu’à la montée des tensions et des divisions.
Un véritable effort factuel est à noter. L’auteur se veut fidèle à ce qui s’est réellement passé et ne délivre pas de message superflu. On peut par exemple entendre des extraits de lettres de Lucie Dreyfus à son mari ou à Zola qui ont bien existé.
De plus, l’œuvre parvient à retranscrire l’inquiétude de l’écrivain. Il sait que le destin de la nation peut basculer, tout comme les acquis républicains peuvent disparaître. La presse apparaît comme ultime recours. Le Figaro en premier lieu puis l’Aurore. « J’accuse » paraît, l’histoire prend note.
Enfin, Zola suit l’affaire depuis Londres. 11 mois de pénible exil et une seule volonté : revenir en France pour défendre le vrai.
Émile Loubet ayant remplacé Félix Faure, le capitaine Dreyfus se voit accorder la grâce. La pièce s’achève ici.
Zola, la rage à l'encre
Compagnie HE PSST
« Un homme. Une plume. Un scandale qui va faire trembler toute une nation. »