Il appartient sans aucun doute à l’inconscient collectif français. Pionnier, immense écrivain et homme politique de tous les combats ; Victor Hugo n’attend qu’à être récité. C’est ce que nous proposent Vivien Pianet et Laurent Biichlé dans un spectacle « humoristorique », néologisme bien inspiré.
D’aucuns s’attaquent à la légende, qu’ils veillent à en être à la hauteur.
Dans un spectacle d’un peu plus d’une heure, le défi était considérable. Dépeindre un immense personnage tout en provoquant le rire. Amuser sans blasphémer.
Après avoir vu la pièce, nous pouvons dire qu’il est relevé. Nous avons ri tout en contemplant la vie d’un homme extraordinaire. Nous nous sommes replongés dans son œuvre à la lueur de ses mots et de ses rencontres.
Sur des musiques de Gabriel Fauré, le spectateur rembobine le parcours de l’écrivain.
De sa naissance à Besançon en 1802 à sa mort en 1885, il a l’occasion d’assister aux évènements marquants de sa vie. Notre-Dame, 1848, son exil, Les Misérables, ses discours… Rien n’est oublié et tout donne l’occasion de rire dans le respect de son œuvre.
Le duo est fraternel. Lorsque l’un amuse, l’autre déclame les plus beaux passages des textes d’Hugo. Chaque interaction prête à rire, les deux comédiens se complètent et dégagent une proximité artistique propice aux jeux de mots et aux plus amusantes digressions.
La mise en scène est éloquente par sa simplicité. Avec quelques marionnettes, un rideau et des perruques, les deux comparses se plaisent à donner vie à leurs histoires. Un moment plongé dans le Paris du début XIXe, le spectateur part ensuite pour Guernesey afin d’assister aux lectures des Contemplations. Il sera même mis à contribution lorsqu’il faudra brandir les marionnettes incarnant les personnages des Misérables.
Enfin, tout se termine à Besançon où la statue de Victor Hugo continue de trôner sur l’esplanade des Droits de l’Homme. Incarné, « l’homme-siècle » tire sa révérence au public. Une ultime date est accrochée dans la fameuse malle aux manuscrits de l’auteur, disposée depuis le début en centre-scène : 1885 et puis s’en va.
Les applaudissements pleuvent.
Raconter Victor Hugo en faisant rire, c’est une belle ambition que ce spectacle concrétise.
Hugo 1802
Les Extra-Ordinaires Cie
« Hugo 1802, spectacle Humoristorique »