Ouverture septembre

Critique Théâtre

L'ours et la diva de Compagnie Maestro : notre avis

L’ours et la diva

"L’Ours et la Diva" est une pièce de théâtre musical mettant en scène une femme de ménage peu ordinaire, entrée au service d’un chef d’orchestre bourru. La pièce repose sur la confrontation de deux univers que tout oppose : une chanteuse de cabaret solaire, Annick de Grom, face à un maestro élitiste, Benoît Anet. Si vous aimez la musique classique, les grands airs d’opéra saupoudrés d’une ou deux chansons de cabaret en anglais, allez voir ce petit bijou d’opérette : vous ne serez point déçus ! Le nœud de cette pièce, quelque peu prévisible, est de savoir si ces deux-là parviendront à s’apprivoiser. Mais le charme du spectacle tient surtout à sa manière de dépoussiérer les préjugés autour de la musique lyrique, trop souvent perçue comme un art réservé à quelques initiés.

Normalement, lorsqu’on engage une femme de ménage… c’est pour faire le ménage. Pas de surprise, en principe. Sauf qu’ici, Mathilde préfère démarrer un vieux magnétophone à bandes et chanter à pleins poumons les airs qui lui passent par la tête. Forcément, lorsque le chef d’orchestre découvre la situation, il se met en colère pour deux raisons : d’abord parce que rien n’est nettoyé, ensuite parce qu’elle semble bien chanter, même s’il mettra du temps à l’admettre. Lorsqu’elle entonne West Side Story, il lui lance que « ce n’est pas pour les petites gens », car, voyez-vous, chanter est « réservé aux seuls talentueux ». Tout au long de la pièce, Mathilde ne cesse de faire enrager le maestro en chantant à tue-tête. On se demande même si elle ne le fait pas exprès, par plaisir de le voir bougonner. Et cela finit par fonctionner puisqu’à un moment, il est bien obligé de consentir à la laisser chanter. Une belle leçon d’humilité pour lui !

Les deux interprètes sont attachants en plus d’être talentueux dans une comédie musicale où l’art lyrique est au premier plan. Dans son jeu et peut-être dans les traits, Benoît Anet peut faire penser à Pierre Arditi : il apparaît d’abord comme un « ours mal léché », puis s’adoucit peu à peu dès que l’on parvient à fissurer son armure.

Je ne dirai pas par quel « miracle » ces deux planètes singulières vont réussir à s’aligner, même si je pense que vous vous en doutez un peu. Disons simplement que l’écoute passe aussi par quelques concessions : chacun devra accepter de faire un pas vers l’univers de l’autre. Comme explication, je dirai simplement que « la musique adoucit les mœurs ». Elle touchera autant le cœur des personnages que celui des spectateurs, dont certains ont essuyé une larme à la fin de la représentation. Ceux qui aiment l’opéra auront le plaisir d’entendre de grands airs lyriques, de La Flûte enchantée à Carmen, dans le petit écrin qu’est le Théâtre des Étoiles.

Affiche l'ours et la diva
🎭 Festival OFF 2026 · sur festivaloffavignon.com · Théâtre musical

l'ours et la diva

auteur⸱ices

📍ÉTOILES (LES) — Salle 2
🕘12h00
📅Du 4 juillet au 25 juillet 2026 (19 représentations · relâche les 8, 15, 22)
⏱️1h

« Deux mondes musicaux s'affrontent. Si l'émotion était la clé pour que chacun apprécie le talent de l'autre ? »

Distribution
Philippe SOHIER - Mise en scène Benoit ANET - Interprétation Annick de GROM - Chant
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Critique rédigée par Mathilde Pallon
9 Juillet 2026 à 18h38

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